Quand on pense au Pilates, on pense souvent aux muscles profonds, à la posture, à la respiration et à la mobilité.
Mais chaque mouvement dépend aussi du cerveau et du système nerveux.
Pour tenir debout, déplacer le regard, changer d’appui ou réagir à un déséquilibre, le cerveau doit recevoir des informations, les interpréter, puis organiser une réponse musculaire adaptée.
C’est cette dimension que l’on désigne parfois aujourd’hui sous le terme de Neuro Pilates.
Le Neuro Pilates, une nouvelle méthode ? Pas vraiment
Pour ma part, je préfère parler de travail sensorimoteur et neuromoteur intégré au Pilates.
Ce n’est pas une nouvelle direction dans mon enseignement. C’est quelque chose que j’intègre depuis de nombreuses années à travers le Pilates, l’ELDOA, les mouvements somatiques, le travail postural, la coordination et les exercices d’équilibre.
Le regard, les appuis, les mouvements croisés, les changements de direction et les variations de position sollicitent constamment la relation entre le cerveau, les sens et le mouvement.
Le terme « Neuro Pilates » permet surtout de porter un regard plus précis sur ce que nous entraînons déjà.
Nous ne faisons pas seulement bouger des muscles. Nous travaillons aussi la façon dont le cerveau :
perçoit la position du corps;
organise la posture;
coordonne le regard et les mouvements;
réagit aux changements d’appui;
construit une sensation de stabilité.
Enrichir le Pilates grâce au travail sensorimoteur
Le Pilates est déjà un formidable travail de concentration, de coordination et de contrôle moteur.
Il peut être encore enrichi en intégrant :
des déplacements du regard;
des mouvements de tête;
différentes positions des pieds;
des exercices d’équilibre;
des mouvements croisés;
des changements de rythme ou de repères visuels.
Ces variations demandent au cerveau d’analyser de nouvelles informations et d’adapter le mouvement.
Le but n’est pas de compliquer les exercices. Il s’agit plutôt de proposer au système nerveux des expériences variées et progressives afin d’entraîner la coordination entre les systèmes visuel, vestibulaire, proprioceptif et musculaire.
Les recherches suggèrent que les exercices sensorimoteurs et proprioceptifs peuvent contribuer à améliorer l’équilibre, même si les définitions et les protocoles utilisés varient encore beaucoup d’une étude à l’autre
Photo extraite du programme Équilibre de mon livre “Bouger pour Rajeunir” aux éditions Eyrolles
Pourquoi ce travail est-il précieux en avançant en âge ?
Maintenir sa force musculaire reste indispensable. Mais la force ne suffit pas toujours pour se sentir stable et confiante dans les mouvements du quotidien.
Il faut également entretenir :
la coordination;
les réflexes posturaux;
la perception du corps;
la capacité à s’adapter à un changement d’appui;
la communication entre les yeux, le cerveau et le corps.
Les études sur le Pilates chez les adultes plus âgés montrent des effets encourageants sur l’équilibre statique et dynamique. Elles restent toutefois plus prudentes concernant la réduction réelle du nombre de chutes.
Préserver ces capacités nous aide à continuer à marcher avec assurance, changer de direction, monter les escaliers et réagir aux petits imprévus du quotidien.
Une séance pour entraîner votre équilibre autrement
Dans ma vidéo YouTube, je vous propose justement une séance qui associe le travail des pieds, du regard, de la proprioception et de l’équilibre.
Vous découvrirez comment des exercices simples peuvent devenir très différents lorsque nous modifions nos appuis ou la direction de nos yeux.
Un travail présent dans toute mon approche
Ce travail sensorimoteur ne se limite pas aux exercices d’équilibre.
Il est également présent dans plusieurs programmes de mon livre Bouger pour Rajeunir : à travers la posture, la respiration, les appuis, la coordination, les mouvements croisés et les changements de position.
Car bien vieillir ne consiste pas uniquement à conserver des muscles forts.
C’est aussi entretenir un corps capable de percevoir, de s’adapter et de réagir avec confiance.
